arriération


arriération

arriération [ arjerasjɔ̃ ] n. f.
• 1909; de arriéré
1Psychiatr. Arriération mentale : état d'un sujet dont l'âge mental est inférieur à l'âge réel, physique. ⇒ débilité, faiblesse (d'esprit), idiotie, imbécillité, oligophrénie. Arriération affective, dans les névroses infantiles. Syndrome d'arriération affective : retard psychomoteur existant chez de tout jeunes enfants privés de soins et de l'affection maternelle.
2État de ce qui est arriéré. « l'arriération économique du régime communiste » (Barthes).

arriération nom féminin Arriération mentale, synonyme de déficience mentale.\> ● arriération (expressions) nom féminin Arriération mentale, synonyme de déficience mentale.\>

arriération
n. f. PSYCHO Arriération mentale: faiblesse intellectuelle par rapport à la normalité pour l'âge, évaluée par le quotient intellectuel (Q.I.).

⇒ARRIÉRATION, subst. fém.
PSYCH. État d'un enfant ou d'un adulte retardé dans son développement intellectuel, psychique.
Arriération affective. Retard psycho-moteur dû à une carence des soins maternels :
Ce rebroussement affectif est plus violent encore et plus grave chez des célibataires qui sont restés célibataires par infantilisme sexuel ou arriération affective légère.
MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 93.
Arriération mentale. Arrêt ou insuffisance du développement des facultés intellectuelles, psychiques.
Arriération autistique. Forme d'insuffisance mentale grave caractérisée par l'absence de communication malgré des possibilités intellectuelles intrinsèquement suffisantes pour établir des échanges (cf. LAFON 1963).
Rem. 1. 1re attest. av. 1917 (A. Binet ds Lar. mens. t. 4); dér. de arriérer (vx), suff. -(a)tion. 2. GILB. 1971 signale des emplois récents : a) État d'esprit rétrograde. Le parti de l'arriération. b) Retard dans le développement économique. L'arriération du pays : ,,Aujourd'hui certains dirigeants comprennent que dans un monde en évolution rapide le blocage des négociations ou leur maintien à un niveau rudimentaire constitue un grave facteur d'arriération.`` (H. HATZFELD, Ici, on ne discute pas, Le Monde, 14 avr. 1973, p. 13).
PRONONC. :[]. Harrap's 1963 transcrit la 2e syllabe du mot avec [] ouvert.
STAT. — Fréq. abs. littér. :2.
BBG. — FOULQ.-ST-JEAN 1962. — GARNIER-DEL. 1961 [1958] — LAFON 1969. — MARCH. 1970. — Méd. 1966. — Méd. Biol. t. 1 1970. — MOOR 1966. — PIÉRON 1963. — POMM. 1969. — POROT 1960. — Psychol. 1969. — QUILLET Méd. 1965.

arriération [aʀjeʀɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. 1909, in D. D. L.; de arriéré.
1 Psychol., psychiatrie. Insuffisance ou arrêt prématuré du développement des fonctions psychiques, intellectuelles ou affectives.Arriération intellectuelle ou mentale : état d'un sujet ( Arriéré) dont l'âge mental est inférieur à l'âge réel, physique. Débilité, faiblesse (d'esprit), idiotie, imbécillité, oligophrénie, retard (mental). || Arriération mentale associée à de l'arriération physique.Arriération profonde : idiotie et imbécillité (opposé à débilité).
1 D'après le degré de l'arriération on distingue entre :
— l'idiot, âge mental inférieur à deux ans;
— l'imbécile, âge mental entre deux et sept ans;
— les débiles, âge mental entre sept et quatorze ans.
Guy Palmade, la Psychothérapie, p. 18.
2 Si Binet n'avait pas réclamé la fondation de classes d'élèves arriérés dans les écoles, et si l'administration ne lui avait pas demandé à quel critère il reconnaîtrait un simple retardé par rapport aux cas d'arriération ou de débilité mentales, il n'aurait pas construit avec Simon ni publié en 1905 son « Échelle métrique de l'intelligence » (…)
J. Piaget, Épistémologie des sciences de l'homme, p. 235.
3 Dans les services administratifs, dans les laboratoires de recherche ou « sur le terrain », de l'instituteur au généraliste en passant par le psychiatre et le psychologue, chacun a été longtemps convaincu que le terme d'arriération était une idée claire et distincte, recouvrant un cadre bien délimité de la pathologie mentale (…) aujourd'hui, cette notion est devenue, paradoxalement, l'un des sujets les plus passionnément discutés (…)
H. Luccioni et J. Sutter, in A. Porot, Manuel alphabétique de psychiatrie, 1975, art. Arriération.
4 J'ai lu peu et tard. Ce n'était qu'un des aspects d'une immaturité (…) qui continue je crois à faire le fond de ma nature. Mon père en a longtemps tiré argument pour me taxer d'arriération mentale.
M. Tournier, le Vent Paraclet, p. 44.
Arriération affective : maturation plus ou moins incomplète des instincts, sentiments et émotions, chez un individu par ailleurs normalement intelligent ou même intellectuellement doué. || Les arriérations affectives sont « les plus communes bien que les dernières soupçonnées et décrites » (Ch.-H. Nodet, in Foulquié). || Arriération affective de névropathes, caractériels, pervers, psychopathes (schizophrènes). || Aspect particulier de l'arriération affective dans les névroses infantiles. || Fixation à l'enfance dans l'arriération affective. Infantilisme (cit. 1). || Thérapeutique de l'arriération affective ( Psychothérapie).Syndrome d'arriération affective (Codet) : retard psychomoteur existant chez de tout jeunes enfants privés de soins et de l'affection maternelle.
5 Le thème de l'antérieur est la hantise du freudisme… ce désir antérieur qui nous tire en arrière et qui insinue toutes les arriérations de l'affectivité, au plan des rapports de famille, au plan fantasmatique de l'œuvre d'art, au plan éthique de la culpabilité, au plan religieux de la crainte de punition et du désir infantile de consolation.
P. Ricœur, Une interprétation philosophique de Freud, in la Nef, no 31, p. 124.
2 (Mil. XXe). Retard dans le développement (économique en particulier) d'un pays, d'une région. Sous-développement.
6 La reconnaissance « indescriptible » de la jeune guide de l'Intourist pour le médecin (de Passy) qui lui offre des bas nylon, signale en fait l'arriération économique du régime communiste et la prospérité enviable de la démocratie occidentale.
R. Barthes, Mythologies, p. 132.

Encyclopédie Universelle. 2012.